De Deleuze à Kant-Schéma nº5

Critique du jugement

cliquer sur image

voir le lien suivant: critique du jugement

Jugement
Il consiste á ajouter le particulier au général;
le jugement est déterminant lorsque, le général étant donné, il suffit de déterminer le particulier qui s'y applique. C'est un art occulte qui exprime la concordance des facultés E ou R ou I sous une faculté dominante qui légifère (en médecine: décision thérapeutique).
Jugement théorique: E légifère
Jugement pratique: R légifère. Le jugement est réflexionnant lorsque le général est un problème qu'il convient de résoudre á partir du particulier ( en médecine: diagnostic). C'est un art manifesté et libéré qui exprime un accord libre entre E, R et I, et déterminé par rapport á une matière non représentée.
Jugement esthétique
Tout jugement déterminant (occulte) suppose l'existence d'une concordance libre et indéterminée entre facultés, c.a.d. l'existence d'un jugement réflexionnant qui libère ce qui était occulté dans le jugement déterminant (rôle législateur). Le jugement réflexionnant est une faculté de la concordance des facultés.

E légifère dans la faculté de la connaissance C (sens commun logique)
R légifère dans la faculté du désir D (sens commun moral)
 I permet d'appréhender la faculté de sentir S dans sa forme supérieure, où un jugement réflexionnant légifère (mais: légifère sur lui-même car réflexif). C'est le jugement esthétique.

La forme supérieure du plaisir

¿Mais que serait un sentir S supérieur, un plaisir supérieur?
Ce qui importe ici est l'effet d'une représentation sur le sujet. Donc un sentir supérieur est l'expression sensible d'un jugement pur, une opération qui consiste á formuler un jugement esthétique. La représentation est celle de la forme, c.a.d. ici une réflexion d'un objet singulier dans l'imagination I, (la couleur et le son étant profondément ancrés dans nos sens pour refléter dans I les vibrations qu'ils composent, sont des co-adjuvants d'avantage que des éléments proprement dits du jugement esthétique). L'essentiel est la forme, le dessin, la composition.

L'état supérieur de la faculté de sentir S présente 2 caractères
- Cet état supérieur ne définit aucun intérêt de la raison, ni spéculatif ni pratique. Il est désintéressé.
- Il ne peut légiférer, il ne peut y avoir de soumission de l'objet dans le jugement esthétique ("cet objet est beau"), il est indifférent á son existence car représenté dans I. Il n'y a pas de législation autonome, mais héautonome (un état qui ne peut que légiférer sui lui-même).
La faculté S n'a pas de domaine (ni phénomène,ni chose en soi). L'objectivité du jugement esthétique n'a pas de concept, donc l'universalité et la nécessité de ce jugement sont en fait subjectives, car ce qui est universel et nécessaire dans ce jugement est le plaisir.


Sens commun esthétique
L'imagination I, dans sa représentation réfléchie de la forme ne se relationne pas avec un concept précis mais avec E même, ou plutôt l'indétermination de concept en E.
I va plus loin que schématiser ici: elle manifeste sa liberté, contemplation de la forme, cause de formes arbitraires, d'intuitions possibles, productive et spontanée. La concordance entre facultés, le sens commun, est ici entre E/C et I/S libre et indéterminé.
Mais comme la faculté S n'est pas législative, il n'y a pas de faculté dominante et de rôle des autres facultés, mais une harmonie subjective où E et I s'exercent spontanément chacune pour son compte.
¿Cette libre concordance peut-elle être produite en nous?


¿Le sens commun est-il objet d'une genèse?

Relation des facultés dans le Sublime: Forme supérieure de la douleur
Dans ce qui a été dit¿ quel est le rôle de la raison, et y a-t-il de même que pour le plaisir, une forme supérieure de la douleur?

Dans "Ceci est sublime": tout ici est subjectif. Le sublime se projette sur l'informe et le difforme (immensité ou puissance) de la nature.-----Alors tout se passe comme si I s'affronte á sa propre limitation:
a) tant qu'il s'agit d'appréhender les parties, I n'a pas de limites dans l'appréhension.
b) mais quand il s'agit de reproduire les parties précédentes alors que les parties suivantes se présentent, I présente un maximum de compréhension simultanée.
c) face á l'immensité, I expérimente l'insuffisance de son maximum, veut l'augmenter et retombe sur sa propre limitation. Mais,¿est-ce la nature sensible cette immensité, ou n'est-ce pas plutôt la raison R qui nous pousse á réunir dans un tout l'immensité du monde sensible?

I découvre que R la force á confesser que toute sa puissance n'est rien en comparaison d'une Idée: le Sublime.

Suite: Jugement esthétique