Arendt et la liberté

Cette page appartient au Dossier HANNAH ARENDT, Domination et Liberté

La compréhension n'a pas de fin, elle ne peut donner de résultats définitifs. Elle est plutôt le mode spécifiquement humain de vivre, puisque chaque individu a besoin de se réconcilier avec le monde où il est né et au sein duquel il demeure toujours étranger à cause de son irréductible unicité



Imagination, compréhension et liberté

Dans le Dossier IMAGINATION , faisant référence à la page IV à Jean-Paul Sartre, nous signalons que le pouvoir que l'imagination exerce sur les choses au-delà de la réalité, représente notre capacité de transcender le monde tel qu'il se présente, donc notre liberté.

Dans l'œuvre de Hannah Arendt, la liberté se situe au cœur de la polis. Elle se présente comme la direction vers l'inconnu. Chaque individu a le pouvoir de l'action politique, peut s'exprimer dans l'initiative, dans ce qui n'existait pas encore, dans l'exceptionnel. Nous sommes loin de "l'Etat d'exception" de Carl Schmitt (voir Arendt et la domination). Il s'agit ici de l’exception de la créativité de chaque singularité.

Mais l'action politique exige de l'individu sa compréhension «un processus compliqué qui ne produit jamais de résultats manifestes. C'est une activité sans fin… par laquelle nous acceptons la réalité, nous nous réconcilions avec elle, c'est-à-dire que nous essayons d'être en harmonie avec le monde».

Arendt parle d'un "mental ouvert", une "mentalité étendue", de la capacité à différencier plus qu'à ordonner ou intégrer. C'est l'imagination, cette représentation de la réalité, qui aiguise le discernement. Elle fait en sorte que «la densité particulière qui enveloppe tout ce qui est réel», ne rende opaque la pensée. C'est l'imagination qui nous permet de nous mettre «à la place de l'autre», ce que Arendt décrit ainsi: «l'imagination s'entraîne pour aller rendre visite». Tout un programme! C'est là une proposition sur l'approche du mental qui fait de l'imagination un synonyme de la compréhension.

Quand il s'agit d'action politique, Arendt insiste sur une compréhension qui prenne en compte le poids de l'histoire:

«La compréhension signifie examiner et supporter constamment le poids que notre siècle a placé sur nos épaules… La compréhension, en somme, signifie un affrontement attentif et non prémédité avec la réalité, supporter celle-ci quelle qu'elle soit».

Il y a quelque chose d'implicite dans la compréhension, une pré-connaissance, une compréhension préliminaire qui, par exemple, dénonce le totalitarisme et présuppose que la lutte politique de l'humain est une recherche exclusive de la liberté.



L'espace public

«Les hommes vivaient ensemble, portés par leurs nécessités et leurs exigences. Cette force qui les unissait était la vie même…qui, pour leur maintien individuel et la survie de l'espèce, nécessite la compagnie des autres…Ainsi, la communauté naturelle de la famille naquit de la nécessité… La sphère de la polis, au contraire, était celle de la liberté et il existait une relation entre ces deux sphères, puisqu'il était logique que le domaine des nécessités vitales dans la famille fusse la condition pour la liberté de la polis» (voir Arendt et la domination dans ce Dossier).

Pour Arendt, l'action est donc un commencement marqué par l'initiative, agir c'est initier. Elle nait, apparaît aux yeux des autres (voir dans ce Blog: "Multitudes" de Paolo Virno). Chaque individu dans l'action politique participe de ce VIVRE ENSEMBLE avec sa singularité, son héritage. Il crée, introduit l'inconnu dans le connu, interfère dans la chaîne des évènements.

L'action politique est, pour Arendt, synonyme de natalité, la politique naît dans l'espace public qui se crée entre l'individu, avec toute la puissance de son initiative, et les autres, lesquels reconnaissent et saluent l'initiative.

«C'est l'intersubjectivité du monde qui assure notre appartenance à la même espèce».



Surmonter les préjugés

Mais, attention!... nous dit Hannah Arendt, la politique se dissout dans le politique, celui des partis. Nous devons nous interroger: «Comment donner à l'action politique un espace où elle puisse se déplier et la faire croître sans cesse entre les subjectivités apathiques ou résistantes?». Dans cette question, l'Etat est désigné implicitement comme le garante de la paix, mais ne peut être la source d'une vie politique authentique. Car il n'est pas question de nous libérer du pouvoir politique. S'il ne reste rien à la place du pouvoir, cela signifie le despotisme le plus redoutable puisque, dans ce cas selon Arendt, «il n'y a personne qui puisse parler avec ce Rien, ni protester face à lui».

Cependant, dans toutes les démocraties, les préjugés envers le système politique sont forts compte tenu avant tout des «moyens belliqueux dont il dispose», lesquels font craindre la possibilité de la disparition de l'humanité. Mais Arendt prévient aussi: il y a, en contrepartie, «l'espoir que la raison l'emportera dans l'Humanité, laquelle saura se défaire de la politique plutôt que d'elle-même –grâce à un gouvernement mondial qui dissolve l'Etat dans une machine administrative capable de résoudre les conflits politiques bureaucratiquement et de substituer les armées par des corps policiers». De nos jours, la tendance est de donner aux armées des fonctions humanitaires, avec droit d'ingérence que les masses peuvent applaudir plus facilement.


Pour Arendt, le point essentiel, quant aux préjugés sur le politique, porte sur la confusion que nous faisons lorsque nous parlons de la politique. On définit généralement ainsi les relations entre dominants et dominés, entre "élites" et citoyens. Avec cette perspective, «au lieu d'une abolition du politique, nous obtiendrons une forme despotique de domination amplifiée jusqu'au monstrueux, dans laquelle l'abîme entre dominants et dominés prendrait une proportion si gigantesque que même les rebellions seraient impossible, et encore moins que les dominés puissent contrôler en aucune façon les dominants».

Elle rajoute: «Cependant, si nous entendons par politique un espace publique dans lequel les humains sont fondamentalement actifs et persistants quant à la résolution des problèmes de l'humanité, ce qui d'ailleurs ne pourrait se faire autrement, alors l'espoir ne serait pas si utopique».

Cette persistance, cette durabilité qui se superpose aux devenirs du mouvement de la vie doivent «transcender la simple fonction des biens de consommation et l'utilité des objets courants». Il s'agit donc de situer l'action politique dans une sphère plus large que le confort matériel.

Bien sûr, les démocraties de masses vivent l'indignation, l'impuissance… ou l'oubli lorsqu'il s'agit du vote politique, le désir de consommation et de croissance quand il s'agit de l'économie, l'ignorance face aux mécanismes financiers, l'apathie ou les préjugés quand il s'agit de l'action politique.

Au lieu de constater l'abîme qu'il y a entre les idées et la réalité, nous pouvons apprendre de cette crise à voir que, derrière des mécanismes apparemment complexes que nous présentent les médias, il y a des mots simples qui demandent que nous y réfléchissions.

La bourde d'Angela

Elle porte un nom qui rime avec le miel, un prénom céleste, et l'union des deux laisse espérer l'artiste Merkelángela, ce son méditerranéen, si renaissance!…mais les enchantements du Sud ne font pas succomber Angela Merkel. Cela est une autre histoire…

Aujourd'hui, Angela attire l'attention avec cette phrase si représentative de ces politiques que nous subissons et que les journalistes (dans ce cas Der Zeit et Le Monde relaient sans commentaires:



«Je ne m'attendais pas à ce qu'un risque, que je jugeais jusque-là théorique et de ce fait acceptable, devienne réalité»

Vraiment peu inspirée la responsable politique allemande dans son entrevue avec Der Zeit pour justifier la planification de la sortie du nucléaire en 2022!

"Je ne m'attendais pas" est la confession de l'incompétence. Gouverner c'est prévoir disait le sage Mendès-France. Une confession qui entache la réputation de gestion rigoureuse et exemplaire pour le reste de l'Europe.

Bien plus préoccupant est la définition du risque que peut donner un politique qui, avec sa rhétorique, cherche à nous confondre: si le risque est théorique, où est le risque? Et si il est acceptable, cela signifie que la responsabilité du politique est engagée à partir des données du scientifique, qui lui ne parlera jamais d'un risque théorique et acceptable.

Fallait-il attendre Fukushima? Comment parler d'un risque théorique après la réalité de Three Miles Island et Tchernobyl même si la technologie de cette dernière centrale est différente? Cela signifie-t-il pour la responsable allemande que ses collègues, chefs d'Etat des pays voisins, ne voient pas la réalité et sont en train de soumettre leurs populations à un risque inacceptable?

Démocratie (réelle) et Liberté

Cette page appartient au Dossier: VIVRE ENSEMBLE

L'espace entre toi et moi

Toi et moi. Ce (et) entre toi, végétal, humain ou autre… (et) moi qui n'est pas le conditionnel ou la confrontation du (ou) mais l'espace (et) de la rencontre entre ce que je suis et ce que tu es. C'est l'espace où nos potentiels respectifs, ce dont chacun est constitué, dans sa biologie et ses conditionnements assumés, se rencontrent. C'est l'espace qui fait le (nous), mais aussi celui où je découvre ce champ où fleurit ma liberté.

Moi (et) les autres- ce (et) de l'espace public où mon potentiel peut se répandre dans l'imagination et la compréhension, lesquelles se concrétisent dans l'action libératrice. La liberté occupe l'espace public entre moi (et) les autres. Elle offre la créativité de ses initiatives et n'attend aucun privilège.

Les élites qui donnent leur talent en échange de privilèges ne sont pas libres; ils sont esclaves du pouvoir de domination que leurs privilèges leur confère avec le consentement de l'espace public qui se referme alors sur lui-même.

Ni la liberté ni l'égalité nous sont données

Malgré les préjugés pour le politique, les masses leur confie l'espace public. Or, on ne peut limiter la politique à la représentation de nos divisions par des partis de gouvernement qui utilisent l'alternance comme condition de la démocratie.

"L'égalité de Droit comme donnée de départ sert à couvrir les plus grandes inégalités". Dans la vie pratique, nous sommes toujours dans l'inégalité des rapports face à la connaissance, aux informations qui nous parviennent selon nos conditions d'éducation, notre provenance… L'égalité n'est donc pas une donnée de la démocratie, sinon un principe que les élites au pouvoir utilisent pour vanter les mérites du système qu'ils gouvernent et cherchent à perpétuer. Ni la liberté ni l'égalité nous sont données.

Dans une démocratie réelle, l'action sociale et politique est une approche patiente vers moins de domination et moins d'inégalité La démocratie est donc toujours en mouvement, en devenir, elle ne supporte la rhétorique des grands principes sinon le langage de l'approche réfléchie qui ne cherche pas à conclure.

Transformer l'espace de liberté

Nous devons bien reconnaître que la politique est ce qui détermine nos modes de vie dans le cadre, non nécessairement individuel, mais certainement social. Elle est donc ce qui nous permet de participer de l'aventure collective et, par conséquent, de comprendre les contraintes qui limitent le champ de nos libertés individuelles dans le contexte social duquel nous n'échappons pas.

Ainsi, la politique est ce qui me sensibilise quant aux possibilités que j'ai, comme être social, de construire ou transformer cet espace de liberté. Je me dois de me demander quelles sont mes possibilités de:

Créer cet espace de liberté où le territoire qu'il nourrit est sensible, rempli de l'élan vital qui lui est propre?
Reconnaître ses limites, toujours changeantes, dans un devenir incessant?
Ne pas envahir le territoire de l'autre ni laisser envahir le sien?
Reconnaître en lui les forces actives, vitales, et les forces réactives qui le conditionnent dans ses peurs?
Assumer les conflits qui se présentent dans une humanité aux spécificités multiples, différenciées qui opposent si violement parfois les groupes ou des personnes?
Reconnaître ainsi son potentiel réel, toujours variable, toujours sensible?

(Voir dans ce Blog: "La liberté comme espace")

Je me dois de reconnaître le caractère contraignant du VIVRE ENSEMBLE comme le pas nécessaire à la constitution de mon espace de liberté. A partir de cette reconnaissance je peux assumer mon action sociale et politique dans le cadre de mes possibilités et en prenant le risque de me tromper quant à ma capacité d'inventer ou d'anticiper. Les conséquences de nos actions collectives sur les générations futures font directement appel à ma responsabilité individuelle.

Il y a donc dans mon sentiment de liberté un compromis nécessaire. Il y a le futur qu'appelle ma responsabilité. Il y a le présent de mon action assumée, fondement de mon individualité, donc ma liberté.

Mais la liberté accepte-t-elle un compromis? Dois-je assumer cette contradiction ou ne vivre que dans le présent de ma liberté dont l'espace est dans l'instant vécu? Qu'en est-il alors de l'action politique? Ne faut-il pas revendiquer le chaos individuel qu'argumentent les manipulateurs de la peur pour perpétuer leur pouvoir dominateur au nom de la liberté individuelle? Pourquoi voir un chaos dans l'absence d'organisation programmée? Car cette dernière ne peut que brider ma liberté et me conduire à une relation dominant/dominé si je relâche mon contrôle sur elle.

HANNAH ARENDT, Domination et Liberté

L'élaboration du Dossier VIVRE ENSEMBLE se fait en résonance avec l'actualité des mouvements populaires dans divers pays, méditerranéens en particulier. Ceux-ci nous semblent traduire sans ambiguïté cette action politique qui a marqué profondément l'oeuvre de Hannah Arendt. En complément au dossier cité, nous ouvrons dans ce Blog le dossier ARENDT, DOMINATION ET LIBERTÉ, qui réunit quelques citations de l'auteure et divers commentaires.


Pour Arendt, il y a une nécessité de compréhension de l'action politique qui puisse aboutir à ce qui est contenu implicitement dans le concept de Polis, à savoir la liberté. Mais il n'y a pas de compréhension de la politique sans une compréhension de l'individu, puisque l'action politique est profondément humaine, ce qui amène Arendt à traiter de l'imagination et la mémoire.

Au sujet de la démocratie athénienne, elle distingue la sphère de la nécessité, qu'elle développe dans le concept de labeur comparé au travail de la sphère de la liberté qui est celui de l'action par la compréhension:

«Les hommes vivaient ensemble, portés par leurs nécessités et exigences. Cette force qui les unissait était la vie même… qui, pour la préservation de l'individu et la survie de l'espèce, nécessite"la compagnie des autres"… Ainsi, la communauté naturelle de la famille naquit de la nécessité…La sphère de la polis, au contraire, était celle de la liberté et il existait une relation entre ces deux sphères du fait que, en toute logique, le domaine des nécessités vitales dans la famille définissait la condition pour la liberté dans la polis».

L'espace public, le vivre ensemble dans la compagnie des autres, est donc l'espace de l'action politique, espace de liberté.

La liberté est mise en évidence par son absence.
Le sentiment de liberté dans un vivre ensemble n'est-il pas lié à la domination, au pouvoir du tyran dans le passé, au pouvoir de quelques uns aujourd'hui. La chute des empires vit l'apparition du totalitarisme comme nouvelle réalité politique possible. Elle qui en a étudié les origines situe ainsi le totalitarisme: «La compréhension préliminaire [celle qui, pour Arendt, est la condition implicite pour qu'existe la connaissance des phénomènes] lui a collé l'étiquette de problème fondamental et de danger le plus significatif de notre époque».

Le thème de la domination, du pouvoir, que Arendt distingue du potentiel de l'individu et de la puissance du vivre ensemble, fera l'objet de notre première page Arendt et la domination dans ce Dossier car, dans la crise politique, économique et financière que les humains vivent sur tous les continents, c'est bien ce qui ressort avec le plus d'acuité, au-delà des préjugés que les masses peuvent avoir sur un système aujourd'hui globalisé.

Il sera suivi du thème de la compréhension et de l'action politique: Arendt et la liberté, sans entrer dans la comparaison labeur-travail-action qui déborde notre propos, celui du Dossier VIVRE ENSEMBLE.



Le ruban blanc-Haneke

Dossier. HANNAH ARENDT, Domination et Liberté

En préparation
Arendt et la domination
Arendt et la liberté
Arendt et la participation

VIVRE ENSEMBLE

Ce printemps nous avons vu se faire l'Histoire au présent dans Marenostrum, se déployer "la politique" dans le sens que lui donne Hannah Arendt , cette capacité d'aller vers ce qui n'est pas encore, l'introduction de l'inconnu dans le connu, la manifestation de l'intempestif, l'inattendu dans l'apathie de la normalité.


L'action

Des individualités, ici et là, dans la pluralité des initiatives, essaient de construire un "vivre ensemble", retrouver les fondements de la politique que le système politique, qu'il soit dictatorial ou démocratique, tente d'étouffer par sa fonction représentative.

C'est par la participation des pluralités que l'action humaine peut initier une chaîne d'évènements qui ont le pouvoir d'interrompre et transformer des processus politiques et sociaux, de rompre avec le passé et changer ainsi le cours de l'histoire. Parfois aussi, l'action politique du "vivre ensemble" laisse apparaître sa fragilité et l'incertitude de son parcours.


Comprendre

Les mots de "Démocratie réelle" –puisqu c'est de cela qu'il s'agit dans ce printemps historique–, les couples représentation / participation, oppression / liberté, domination / égalité, Etat de droit / dictature, …demandent un effort quand il s'agit de les intégrer au le monde sensible qui nous constitue. Ce sont des mots qui ne deviennent lisibles que lorsque l’on sent en soi ce qui convient d'être contesté ou combattu, soutenu ou atteint et les moyens correspondant à chacun d'eux.

Il s'agit de comprendre, de vivre la tension entre la pensée et l'action, vivre en soi la résonance des mots. C'est l'autre face de l'action, «un processus compliqué qui ne produit jamais des résultats évidents, una activité san fin…par laquelle nous acceptons la réalité, nous nous réconcilions avec elle, ce qui revient, en fait, à essayer d'être en harmonie avec le monde» nous dit Hannah Arendt.

Comprendre, c'est encore la nécessaire réflexion sur le déroulement des évènements subis au siècle précédent, sur la domination par des Etats qui ont recouvert leurs déchirements passés du voile d'une monnaie unique. C'est aujourd'hui l'urgence d'un examen critique de la domination des peuples par un empire mercantile et anonyme qui, par son appétit de croissance, cherche à vider de toute substance le projet du "vivre ensemble". Car, au-delà de l'affect que la nature nous offre, il y a dans l'humain une force d'attraction vers le collectif, le vivre ensemble.
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Ma réflexion et ma volonté de comprendre représentent mon action sociale et politique, loin de toute volonté d'expertise (dont je n'ai pas les moyens) ou de positionnement citoyen (qui me limiterait au projet d'un Etat reconnu), sinon comme simple humain, élément d'une humanité errante.

Commencées dès la création de ce Blog, ces bribes de réflexion seront regroupées, en les actualisant, dans le présent dossier.



Sortie d'école



Dossier: VIVRE ENSEMBLE
Mise à jour le 24 Juin 2011

En préparation
Démocratie réelle: la participation


Entrées associées

Liberté individuelle ou servitude?

Ce texte est une annexe à la page: Démocratie (réelle) ou domination publié dans le Dossier. VIVRE ENSEMBLE en cours de préparation.

Lorsque nous envisageons la possibilité d'une action politique, de vivre la politique, nous nous trouvons face à un système de pouvoir qui a établi. A partir d'une idéologie, un modèle de développement socio-économique qui prend appui sur une structure militaire et financière. Et ce, quelle que soit l'idéologie et le pays.

Dans le quotidien de l'espace public, le système de pouvoir donne une représentation qui nous inclut comme agents directs et nous soumet à des modèles de conduite et de connaissance spécifiques en accord avec la idéologie qui le guide.

Une action politique, dans de telles conditions, demande une réflexion préalable sur le degré de domination du système, de soumission de l'individu, et met en évidence l'état opposé qu'est la liberté de l'individu social.

«Nous avons enseigné aux gens à renoncer à l'exercice du pouvoir social. Et ils ont renoncé au profit de belles représentations qui incitent les masses à chercher ailleurs leur valeur et leur devenir» dit Jean-Léon Beauvois dans son "Traité de la servitude libérale: analyse de la soumission".

A la réflexion la plus évidente que l'on puisse faire sur la soumission dans le cas de la dictature: «comment tant d'hommes, tant de villes et tant de nations se soumettent parfois au joug d'un seul tyran, qui n'a pas plus de pouvoir que celui qu'ils veulent bien lui donner» s'ajoute la dénonciation par Beauvois des démocraties qui se définissent à elles-mêmes comme libérales. Sous la supposée liberté de choix des individus, se cache cette étrange intériorisation de la soumission dont tant l'école comme la famille ont participé. Est-il possible que nous arrivions à aimer nos chaînes? Pourquoi? Dans la liberté de choix, le vote, se trouve la paradoxe de la puissance dominatrice.

L'obéissance de "la majorité silencieuse" à cette représentation quotidienne du pouvoir correspond à ce que Hannah Arendt[1] appelle "la courroie de transmission" dans sa description du totalitarisme . Ce qui amène Beauvois à parler de "démocraties totalitaires", d'un totalitarisme libéral qui propage l'idée d'un individualisme libéral.

C'est cet individualisme libéral qui, chaque jour, répète cet ordre: «Oubliez vos ancrages et vos identités sociales puisque vous ne pouvez être vous-mêmes avec ces identités et ancrages. Laissez faire les gens compétents comme le veut la raison». Pour Beauvois, cet ordre appelle à «une transgression et cette transgression est urgente. Elle ne peut passer autrement que par la lutte contre les arbitraires hiérarchiques ou corporatives et le retour à des projets autogestionnaires».

Le libéralisme, en effet, interpelle le citoyen avec le même discours que le totalitarisme: "ce qui t'est proposé, bien que cela puisse te paraître une pression externe, correspond à ton propre bien". C'est un discours qui met l'accent sur les intérêts propres à l'individu, sur "ce qu'il veut réellement… sans le savoir". S'il y a une différence avec le totalitarisme, elle réside dans le fait que le totalitarisme impose au sujet son propre bien –oblige la personne à être heureuse pour son bien "parce qu'il y a un bien commun supérieur que tu ne perçois pas". Le libéralisme, lui, fait référence à la nature intérieure du sujet «il s'accroche à la fiction d'une autoperception libre et immédiate du sujet: "je n'affirme pas savoir mieux que toi ce que tu désires, simplement regardes en toi et décide librement ce que tu désires!"».



Dans son introduction au livre de Beauvois, Slavoj Zizek, que nous venons de citer, fait référence à "La société du risque" de Ulrich Beck. Citons ce dernier: «l'idéologie dominante s'efforce de nous vendre la même insécurité provoquée par le démantèlement de l'Etat de bien-être comme une chance pour atteindre de nouvelles libertés: "vous devez changer de travail chaque année et dépendez de contrats de courte durée au lieu d'un poste stable et durable? Pourquoi ne pas considérer cela comme une libération des restrictions dues à un poste fixe et l'occasion pour vous réinventer à chaque fois, pour capter et comprendre les potentiels cachés de votre personnalité?"… "Vous n'avez décidément plus confiance dans les régimes de santé et de retraite conventionnels au point que vous devez opter pour une couverture complémentaire qu'il faut payer? Pourquoi ne pas le voir comme un supplément d'opportunité de choix, soit une meilleure vie maintenant soit la sécurité à long terme?"… Et si une telle façon de voir vous rend anxieux, l'idéologue postmoderne de la "seconde modernité" vous accusera immédiatement d'être incapable d'assumer une entière liberté ou de fuir de la liberté, d'être immature en vous attachant aux vieilles formes stables».

Ainsi, nous dit Zizek, le libéralisme des démocraties avancées, en invoquant la nature du mental de l'humain comme raison à son obéissance, en arrive au paradoxe suivant: les individus libéraux sont les moins libres des individus. Ils acceptent l'argument par lequel «ce qui leur est en fait imposé soit supposé surgir de leur nature. Ils ne sont même pas conscients de leur subordination».

Notes
[1] dans ce Blog -Dossier HANNAH ARENDT, Domination et Liberté (à ce jour en préparation)

Démocratie (réelle) ou domination

Cette page appartient au Dossier VIVRE ENSEMBLE en cours de préparation.

Nous expérimentons la démocratie de la représentation. Elle se caractérise par l'a priori d'un projet national et d'une nation souveraine . Nous avons déjà traité de la souveraineté dans le Dossier LES RÈGLES DU JEU quant à la "Vulnérabilité et la sécurisation du pouvoir global". Cette souveraineté nationale se manifeste particulièrement dans la décision, laquelle est le monopole du chef d'Etat dans les régimes républicains ou de gouvernement dans les régimes à monarchie parlementaire.



La décision

La décision du chef confirme la souveraineté du pays lorsqu'elle montre son caractère absolu, libéré de toute obligation normative dans, par exemple les états dits "d'exception" comme la crise économique, la révolte ou, bien sûr, la guerre . Mais ce caractère absolu tend à devenir la norme lorsque la majorité de la représentation politique est du même parti que le "souverain", ce qui est le cas le plus fréquent. La souveraineté est en fait aux mains d'un corporatisme.

Le culte de la personnalité qui caractérise les démocraties modernes, ces sociétés du spectacle annoncées par Guy Debord, accompagne l'acceptation de telles prises de décisions comme preuves de dynamisme et d'esprit d'initiative du souverain élu (voir dans ce Blog "Construction de l'espace public mondial").



Cependant, la décision absolue met en relief les limites du système démocratique en vigueur, la faiblesse des institutions et se traduit dans les faits par une situation politique du type dominant / dominé, à la condition que la désinformation qui la porte n'aveugle pas le citoyen.



Le monopole de la violence

De plus, en démocratie représentative la décision du souverain se prend dans un contexte d'antagonisme entre partis dont la logique est l'affrontement. Il y a les alliances et l'attaque direct des (ou aux) opposants. Dans le cadre de la politique extérieure, l'affrontement est latent ou déclaré, il y a toujours un ennemi désigné, que ce soit un pays ou une idéologie censée menacer les "intérêts vitaux" de la souveraineté. Aussi, les démocraties qui s'autoproclament avancées se retrouvent souvent en contradiction avec les principes de liberté et de droit des individus.



La rhétorique du pouvoir dominant est que les humains peuvent légitimement utiliser leur potentiel pour créer une véritable puissance d'initiatives. En réalité, le pouvoir s'approprie de cette puissance au nom d'une souveraineté nationale qui s'affronte au danger et à la compétition internationale et organise la fusion entre puissance et violence.

Max Weber nous dit que le pouvoir politique a le monopole de la violence, ce qui revient à affirmer que la violence est son moyen spécifique et exclusif. Il définit l'Etat comme une relation de domination d'hommes sur d'autres hommes qui se maintient au moyen de la violence. Le monopole de la violence étatique permet au souverain de décider de la dissolution de manifestations pacifiques, de désigner l'ennemi là où il lui convient, dans ses villes ou dans d'autres capitales.

Le potentiel des humains, dans leur diversité, se voit ainsi frustré. Leur capacité d'initiatives est utilisée par l'Etat, contre eux si nécessaire. La puissance et la violence de l'Etat envahissent l'espace public, qui devrait être celui de la politique, au bénéfice des moyens et des fins de ce que l'on nomme le politique.







La domination

Au niveau international, le pouvoir de décision appartient à un club restreint qui pilote la gestion du monde, dont le moteur est un système économique et financier opaque dans l'espace public, et ce au nom du bien de l'humanité. C'est ce que Bertrand Badie nomme "le Directoire du monde" qui, sous la forme de G8 ou G20 «incarne le poing de la puissance dans un gant de paix universelle».

Une "élite" domine l'espace public propre à l'ensemble des nations, c'est-à-dire à l'humanité. Il s'est formé une oligarchie, ou plutôt uneoligo-cratie (voir Arkhos et Kratos dans ce Blog), qui dispose d'une puissance idéologique basée sur l'intégration des pouvoirs politique, économique, financier et bien entendu médiatiques. C'est un empire mercantile globalisé, tel que nous l'avons décrit dans LES RÈGLES DU JEU.

Cette oligarchie dirige les projecteurs de ses médias là où elle le désire: ce sont les messes des G7, 8, 20…et des cénacles comme le Forum de Davos, le Groupe Bilderweg, la Commission Trilatérale ou se retrouvent les partis de gouvernement états-uniens et ceux du centre et de la droite européenne, ou encore les réservoirs de réflexion, think tanks, si influents.

La tentation est grande de voir complot et conspiration dans un tel pouvoir concentré de domination. Il serait pourtant plus réaliste de décrire une telle organisation comme un maillage complexe d'intérêts économiques, financiers, de groupes de personnes dans le cadre d'une dynamique sociale autonome comme le signale Noam Chomsky.



Le conditionnement

Ce qui est par contre évident est la capacité de conditionnement propre à ce type de domination qui gère les affaires communes à l'ensemble des individus dans l'intérêt de quelques uns et démontre la faiblesse du système politique sinon sa complicité.

C'est en effet le politique qui, relayé par les médias, a la charge de l'image et des mots, dans le cadre d'une rhétorique de la liberté individuelle et de l'égalité des droits, tout en donnant à la sécurité la part qui convient dans ce conditionnement. C'est là l'idéologie de la démocratie liberale, qui se traduit par la soumission des individus (Voir Liberation ou servitude?, dans ce Blog- chapitre Texto et qui traite du livre de Jean-Léon Beauvois "Traité de la servitude libérale: analyse de la soumission")



Ainsi, le mirage de la liberté fait oublier la relation directe, biologique, au bien commun qui est le fondement d'une Démocratie Réelle. L'aliment et la matière première qu'offre la nature ne sont plus que le résultat d'une chaîne de production. Les services publics, au lieu de dépendre des intérêts et des nécessités directes de tous comme bien commun, sont cédés à des entreprises privées qui ont comme moyens la compétitivité et comme finalité le bénéfice des actionnaires. Les conditions d'exploitation des ressources énergétiques sont en contradiction avec les fondements d'une Démocratie Réelle, bénéficiant à certains au détriment de tous, voire au risque de mettre en danger la santé et la vie dans le cas des émanations de gaz ou de radioactivité.

Le droit des individus est bafoué dans l'indifférence et l'obsession de la sécurité devient le prétexte à l'exclusion et la violence. L'individu conditionné ne voit pas la contradiction qu'implique la liberté individuelle qu'on lui propose avec le système de sécurité qu'on lui impose. Applaudissant l'instauration de cette fausse démocratie dans les anciennes dictatures, il ne sait pas que ce sont les élites qu'il a élu qui mettent en place ceux qui deviendront les élites élues de ces démocraties naissantes.

Le pouvoir politique, au lieu de prévoir les flux et les devenirs de ceux qui l'ont élu pour cela et gouverner avec le recul nécessaire, peut alors s'accorder parfaitement aux problèmes de la société en les traitant au jour le jour, toujours dans l'obsession de la sécurité, donc en manipulant les peurs, et il sait promouvoir l'exclusion plutôt que l'inclusion.

L'individu conditionné ne sait pas qu'il a élu un pouvoir populiste qui, au-delà de cette gouvernance au jour le jour sait parfaitement faire le jeu des grands monopoles économiques et financiers. Et ce, même en pleine crise internationale, malgré les promesses d'un contrôle et d'une régulation de ces monopoles. L'individu, dans son conditionnement et son ignorance, vote contre lui-même.

Il ne sait pas qu'en exprimant son indignation, face à la situation que génère un tel système, il maintient le dialogue avec les élites.

Il ne sait pas qu'en revendiquant, au nom d'une Démocratie Réelle, un type de représentation politique plus en accord avec les devenirs de la société, il fait en sorte que ce système oligarchique se perpétue.

Reste que ces pulsions émotionnelles traduisent un réveil du coma social profond dans lequel se trouve la masse des individus européens. La véritable révolution ne serait-elle pas, en fait, ce phénomène de rébellion qui porte en soi la constitution d'un espace de liberté? Comme dit Hannah Arendt , si la grande majorité des humains exerçait son pouvoir, c'est-à-dire son action concertée, il n'existerait aucune domination qui puisse les avilir.

Epices, version arabe

Les plus utilisées
Ambroisie Mkhinza
Anis fort -Nadâ
Anis vert d'Espagne - Habbt hlawa
Basilic -Hbeq zhiri
Carvi -Karouiya
Cedrat -Laranje
Clou de Girofle -Aouad al nouar
Corriandre -Kosbour
Cumin -Kamoun
Fenouil -Besbes
Lavande -Khzama
Marjolaine -Mrded douche
Menthe -Nana
Menthe poivrée- Fliou
Persil -Madnousse
Piment fort -Felfell soudania
Piment piquant -Felfell harra
Piment doux -Felfell hlouwa
Reglisse -Arqsous
Safran -Zafrane
Sauge -Salmiya
Sésame -Jenjlan
Thym -Zatr

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Ras el hanouth
Mélange d'épices pour certains plats (principalement couscous)
Cardamone = qaqulla – (Sri lanka)
Macis =dsidsa – (Java)
Galanga = khdenjal– (rhizome de Chine)
Maniguette -guza saharouia – (Cote d'ivoire)
Noix muscade = gouzt attiab – (Java)
Cantharide (aphrodisiaque) = debben el hand - (méditerranée)
Cannelle = kuarfa
Cyteracée = tara soudania (rhizome de Soudan)
Poivre long = dar felfell- (Inde ou Malaisie)
Girofle = aoud el nouar –( Zanzíbar)
Curcuma = Kurqoub – (Indes)
Gingembre = Zkn jbir –(Vietnam et Japon)
Rhizome d'Iris = aoud lamber – (Atlas)
Poivre noir = el bsar –(Asie)
Lavande = khzama
Boutons de roses = rous el word –(Damas)
Cannelle de chêne = dar el sini
Fruits de frêsne(aphrodisiaque)= lissan etir
Baies de Belladone = Zbibet el laidour –(Chechaouen)
Nigelle = Habbt el soudane -(graines du Maroc)
Poivre des moines = Kheroua – (Maroc)

LES DÉLICES DE LOLA

Ce dossier reprend les recettes du cahier de Lola. Les circonstances lui ont permis de développer ses recherches sur  la cuisine judéo-arabe, italienne et bien entendu française à une époque où son pays natal se trouvait sous protectorat français et de par sa branche paternelle. Son  origine séfarade se retrouve dans son inclination pour les recettes de pâtes à frire et le choix des épices. Mais n'est-ce pas là le parcours méditerranéen de tant de nomades. Elle ne s'attarde que rarement sur le détail de la préparation. Pour elle, ce qui compte c'est la mesure dans le choix des ingrédients. De toutes façons, elle a toujours préféré qu'on l'accompagne dans l'élaboration plutôt que d'expliquer ce qui lui paraît évident. Peut-on transmettre le don?  


Le pilon aux épices

Dossier: LES DÉLICES DE LOLA
mise à jour le 5 Décembre  2011

 
Quelques conseils-Herbes et sauces
Epices, version arabe
Quelques plats...et pâtes á frire
Pâtisseries
Cuisine orientale

(En préparation)
Patisserie orientale


Quelques conseils-Herbes et sauces

Nous commençons ici le Dossier: LES DÉLICES DE LOLA

QUELQUES CONSEILS

1verre à eau contient 20 cl (200 g)
1 verre à vin contient 12cl
1 tasse à thé 15cl
1 tasse à café 10cl

-Pour réchauffer un rôti il suffit de le tremper dans l'eau froide et de le remettre à feu doux

-Si un gâteau ne se démoule pas bien, couvrir le moule un instant en laissant la vapeur s'échapper.

-Pour les œufs à la coque afin d'éviter qu'il ne se fendillent les plonger avant la cuisson dans de l'eau froide.

-Pour que le poisson reste blanc à la cuisson le plonger avant cuisson dans un court-bouillon de moitié lait et moitié eau.

-Pour préparer le ris de veau: le faire dégorger dans l'eau froide- Le mettre dans un court-bouillon froid avec un jus de citron. Porter à ébullition et laisser cuire 10 mn. Puis recouvrir d'une assiette et mettre un poids dessus pour le tasser pendant 1h.

Levure Baking powder
70 g de carbonate de soude- 55 g d'acide tartrique- 125 g de farine de riz.



HERBES AROMATIQUES
Sarriette pour les légumes
Serpolet pour les lapins
Romarin pour le court-bouillon des truites et des rougets
Ciboulette pour les omelettes au fromage blanc


SAUCES
Sauce chasseur
80 g de champignons 40 beurre 3 échalotes 1 verre de vin blanc + sauce brune (2 cuillères de tomates, 2 cuill a café de persil et estragon hachés. Faire revenir au beurre dans une casserole les champignons crus coupes en lames minces. Bien dorer Mettre les échalotes hachées avec le vin blanc, laisser réduire de moitié. Ajouter la sauce brune, laisser mijoter un petit moment

Sauce Colbert
80 g de beurre- le jus d'un citron- 1 cuillérée à soupe de persil et estragon hachés- ½ cuill a soupe d'extraits de viande, sel et poivre. Travailler le beurre à froid.

Sauce Mornay
Préparer une béchamel avec 30 g de beurre et 30 g de farine- Ajouter à chaud 40 g de gruyère et 30 g de parmesan.

Sauce béarnaise
½ verre de vinaigre de vin- 2 échalotes- 1 gousse d'ail- 3 jaunes d'œufs- 150 g de beurre- ½ cuill d'estragon et cerfeuil hachés- thym, persil, laurier, poivre et sel- Mélanger les condiments avec le vinaigre. Faire chauffer en tournant constamment et laisser bien réduire à couvert. Passer dans une passoire très fine. Mettre les jaunes d'œufs dans une autre casserole en tournant constamment et ajouter peu à peu le beurre sans cesser de tourner, sur feu doux. Puis mélanger le tout.

Sauce verte
1 cuill à soupe de purée d'épinards-1 cuill à soupe de cerfeuil- 1 cuill à soupe d'estragon- 1 cuill à soupe de mayonnaise.

La liberté comme espace

I


L'humanité, apparemment divisée, est en réalité multiple, composée d'individus formés dans un fonds spécifique. La spécificité est un foyer de conditionnements et d'identifications.
L'individu en nourrit son territoire. Il peut le confirmer, l'appuyer, y trouver une source de sécurité et de pouvoir, l'étendre, dominer.
Mais il peut aussi l'infirmer par ses peurs et son insécurité, ne pas former son territoire ou le laisser envahir. Il est dominé.

II


Ni l'un ni l'autre, du dominant et du dominé, n'ont mis en lumière un espace.
Celui qui sépare l' humanité de l'individu de sa déshumanisation, cet espace qui se déplie dans la distance entre le sensible d'une part et l'entité d'autre part et qui permette à son corps sensible, au mouvement de ses émotions, de se différencier de ses structures mentales acquises.
Le souffle de la liberté naît dans cet espace.
C'est bien sûr moins comme dominant que comme dominé que l'individu souffre d'un "manque", un vide qu'il ne reconnaît pas encore.
Il sentira ce vide et saura le emplir seulement lorsque résonnera en lui la voix de la liberté. Ou alors, aura-t-il entendu les "prophètes de la liberté", ceux qui l'on chanté dans leurs poèmes.
D'autres ne les liront ni ne les entendront jamais.



III


L'individu peut-il
N'être ni dominant ni dominé?
Créer cet espace de liberté où le territoire qu'il nourrit est sensible, rempli de l'élan vital qui lui est propre?
Reconnaître ses limites, toujours changeantes, dans un devenir incessant?
Ne pas envahir le territoire de l'autre ni laisser envahir le sien?
Reconnaître en lui les forces actives, vitales, et les forces réactives qui le conditionnent dans ses peurs?
Assumer les conflits qui se présentent dans une humanité aux spécificités multiples, différenciées qui opposent si violement parfois les groupes ou des personnes?
Reconnaître ainsi son potentiel réel, toujours variable, toujours sensible?


IV


L'individu est social. Son individuation s'articule dans un réseau planétaire. Il est sensible à cette dimension "humanité" qui se manifeste à son échelle locale mais dont il peut percevoir les effets planétaires.
Son espace de liberté lui permet de prendre la mesure de ses actes, de répondre de son action.
La responsabilité naît dans l'espace de liberté.
Elle ne saurait être déléguée.

V


L'humanité est un corps sensible dominé et dominant.
Elle n'a d'espaces de liberté qu'en fonction des humains qui les instituent.
Les conflits constitutifs de l'humanité dus à sa multiplicité, doivent trouver les espaces institutionnels où ils peuvent être libérés.
Ces espaces institutionnels sont à penser, à inventer, pour que l'individuation s'articule dans un réseau planétaire fluide, permettant aux devenirs individuels ou de groupes spécifiques de s'exprimer dans leurs variations d'intensités.
La libération des conflits doit se faire dans le sens d'une plus grande humanisation de la dimension "humanité".
Les institutions ne peuvent être défendues que si elles accomplissent leur mission.
Sinon, chaque individu ne pourra que s'articuler dans des structures rigides ou corrompues qui mèneront à une déshumanisation.

VI


Dans son histoire, l'humanité, ce corps sensible dominé et dominant, a vécu les effets de ses forces actives, vitales, mais aussi de ses forces réactives, conservatrices et manipulatrices des peurs individuelles et collectives. Elle n'a pas encore montré sa force neutralisante, celle qui ouvre l'espace, qui crée la distance et apaise les conflits naissants. Les humains ont créé des espaces institutionnels qui n'ont été que le reflet de ses forces antagonistes.
La mémoire de son histoire est là pour mettre en lumière le danger de structures transcendantales qui agissent au nom des peuples. Structures dominantes qui, toujours avec retard, intègrent les idées surgies de la sensibilité et de l'élan vital, pour nourrir de nouvelles forces réactives et oppressives. Elles se sont organisées à partir d'un système politique, en réseau militaire, industriel, financier, où le politique n'est que le directoire interface. Manipulateur car élu, ce dernier ouvre la porte au cynisme d'une caste anonyme et la ferme au citoyen.
Il n'est plus temps de chercher les clivages possibles pour une subversion.
A quoi servent l'aversion et l'indignation qu'un pouvoir cannibale sait si bien digérer?
La tentation de la réversion peut-elle éveiller une nouvelle version?

Perturbateurs endocrinaux

Pretextes se fait ici l'écho d'un article paru dans Le Monde du 5 Mai 2011

En France, le Parlement a voté une loi qui interdit la fabrication, l'importation, la vente ou l'offre de produits contenant des phtalates, des parabènes ou des alkylphénols. C'est un vote qui s'inscrit dans un contexte de prise de conscience croissante des effets nocifs (contestés par les industriels) sur la reproduction et le développement de certains cancers que pourraient exercer ces substances chimiques. Ces substances contiennent des molécules miment l'action des hormones féminines (oestrogènes). Ces molécules sont susceptibles de perturber le fonctionnement hormonal: modification de l'âge du début de puberté, altération des fonctions reproductives, troubles métaboliques, progression de cancers du sein ou de l'utérus.

Les phtalates sont des solvants utilisés pour rendre plus souples les articles en PVC. On les trouve dans les revêtements plastiques (tuyauteries souples), les isolants, les cosmétiques, les lubrifiants, les colles, les jouets… Les aliments peuvent en contenir du fait de la migration possible des molécules de phtalates depuis les emballages ou des conteneurs alimentaires. Ils ont un effet toxique pour la reproduction et un caractère cancérogène démontré chez les rongeurs. Dans le cas de l'homme, les effets sur la reproduction, fertilité, développement du fœtus et du nouveau-né sont à craindre. Déjà l'Union Européenne a interdit six catégories de phtalates dans les jouets.

Les parabènes sont des conservateurs qui ont des propriétés antibactériennes et antifongiciques. Ils sont utilisés dans les cosmétiques, les médicaments, certains aliments et la plupart des produits d'hygiène et de soins corporels. Il a été prouvé une diminution de la fertilité chez le rat.

Les alkylphénols sont des émulsifiants incorporés aux cosmétiques, aux détergents, aux produits de nettoyage, résines, pesticides, peintures… Les effets toxiques pour la reproduction et cancérogènes ont été signalés chez l'animal.

Quelques liens utiles:
Décision du parlement
Phtalates  Danger Santé
Parabènes